comprendre les outils publics pour soutenir l'économie face au coronavirus

Des annonces de dizaines de milliers, voire de centaines de milliards d'euros pour aider les entreprises à faire face à l'ampleur de l'épidémie de Covid-19. Des garanties gouvernementales aux nationalisations potentielles, en passant par les rachats massifs d'actifs, ces plans de sauvetage ont de nombreux attraits. Novethic explique les quatre principaux instruments financiers publics utilisés.

La situation est presque sans précédent. La fermeture presque complète de l'économie est un défi majeur ÉÉtats. Annonce d'un plan de 2 billions de dollars pour ÉÉtats-Unis, acquisition de plus de 1 000 milliards d'euros d'actifs à la Banque centrale européenne (BCE), l'enveloppe de 300 milliards d'euros de la France pour sauver les PME … mettez-le en pause pendant quelques semaines, puis redémarrez-le à pleine vitesse. Mais comment continuer à payer les salaires alors que les entreprises sont presque à court de revenus?

Garanties publiques

Le gouvernement français a rapidement mis en place une garantie publique pour couvrir jusqu'à 300 milliards d'euros de prêts aux entreprises. laÉtat ne fournit pas de prêt direct mais dépend du réseau bancaire traditionnel. Les petites et moyennes entreprises (jusqu'à 250 employés) peuvent emprunter jusqu'à deux mois de chiffre d'affaires à leur banque, avec la possibilité de retarder les premiers remboursements d'un an. La banque demande une garantie àÉtat, représentée par Bpifrance, qui remboursera le prêt en cas de faillite de l'entreprise. Pour les grandes entreprises, le ministère des Finances fournit directement la garantie.

Cet outil puissant facilite le financement des entreprises à court terme. Les banques ont moins de risques de défautÉtat caution. Ces garanties ne sont pas sans contrepartie. Bruno Le Maire, ministre deÉéconomie, se souvient d'avoir "lié au respect des délais de paiement pour l'octroi de ces prêts garantis". la ÉAux États-Unis, les sénateurs démocrates ont insisté pour que les entreprises ne bénéficient de ces prêts que si elles ne licencient pas leurs employés.

Achats d'actifs auprès des banques centrales

Le 12 mars, la Banque centrale européenne a annoncé un plan de rachat de 120 milliards d'euros d'actifs, auxquels elle a ajouté, une semaine plus tard, 750 milliards d'euros. Les banques centrales du monde entier ont fait de même, et la banque centrale américaine a même élaboré un plan sans limite de montant ni de durée.

Cet «assouplissement quantitatif» vise à faciliter l'équilibre des acteurs financiers. Les banques centrales achètent des marchés de la dette sur les marchésÉÉtats ou sociétés appartenant à des acteurs financiers. Ils trouvent alors des liquidités qu'ils peuvent recycler pour financer l'économie.

Fonds de solidarité

Pour les plus petites entreprises, le gouvernement français a mis en place un appareil spécial de solidarité dont les contours ont été dévoilés le 25 mars. Ce Fonds de solidarité est doté d'un milliard d'euros pour le mois de mars, dont 750 millions d'euros de l'UEÉ150 millions de régions et le reste d'acteurs privés en tant que compagnies d'assurance qui ont annoncé leur contribution jusqu'à 200 millions d'euros.

Seules les très petites entreprises (moins de dix salariés), les indépendants et les professions libérales, dont le chiffre d'affaires est inférieur à un million d'euros, peuvent en bénéficier. Cette fois ce n'est pas un prêt mais un équipement plus proche d'une subvention. Ces entreprises peuvent recevoir un soutien de 1 500 euros reçu de leurs autorités fiscales pour payer leurs factures. Ils doivent cependant justifier une perte de 70% de leur chiffre d'affaires ou l'arrêt de leur activité.

nationalisation

L'arme ultime deÉtat, pour éviter la faillite d'une entreprise, consiste à l'acheter directement. Des rumeurs de nationalisation de grands groupes français circulent depuis quelques semaines sansÉtat ne veut pas donner le nom d'une entreprise. «Certains secteurs industriels sont attaqués sur les marchés, ils sont affaiblisÉc'est derrière eux », explique Bruno Le Maire.

Pour le ministre deÉéconomie, la nationalisation n'agira qu'en dernier recours si un fleuron industriel va ou court le risque de faire faillite. La nationalisation consiste à acheter la majorité du capital d'une entreprise, opération coûteuse qui oblige les actionnaires à vendre leurs actions àÉÉtat. Avant que Bercy n'atteigne de tels extrêmes, Bercy avait d'autres armes. laÉIl pourrait monter au capital d'une entreprise pour stabiliser ses actionnaires, par exemple. Il l'a déjà fait dans le cas du groupe PSA en 2014. LeÉIl peut également recapitaliser l'entreprise, une augmentation de capital qui lui permet de gagner de l'argent frais.

Arnaud Dumas, @ ADumas5

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