Coronavirus: la zone euro pense au crédit dans le mécanisme européen de stabilité

BRUXELLES, 24 mars (Reuters) – Les ministres des finances et les banquiers centraux de la zone euro discuteront mardi par téléconférence de la possibilité pour les gouvernements de demander une ligne de crédit spéciale auprès du Fonds européen de stabilité (MES), du Fonds européen de gestion de crise et de sauvetage financiers.

Une telle décision dans la lutte contre la pandémie de coronavirus devrait ouvrir la voie à des rachats illimités d'obligations, le cas échéant, de la part de la Banque centrale européenne.

La téléconférence est prévue à 17 h. 17h30 GMT.

Des sources proches du dossier soulignent cependant qu’il n’est pas certain que des décisions puissent être prises à ce stade et qu’il faudra peut-être attendre le nouveau sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement au cours des 27 prévus jeudi, la troisième par vidéoconférence les suivant les 10 et 17 mars.

Dans la zone euro, les responsables craignent que la récession imminente conduise les marchés financiers à exiger des taux d'intérêt élevés pour acheter des obligations d'État, ce qui augmentera le coût de la dette.

Pour des pays déjà très endettés comme l'Italie, ce serait une difficulté supplémentaire.

L'idée sur la table serait donc de permettre à tous ou à la plupart des États de la zone euro d'utiliser comme garantie au SEM sur un crédit stand-by (Enhanced) Conditions de ligne de crédit (ECCL – ou plafond de crédit amélioré).

Le mécanisme européen de stabilité a une capacité de prêt intacte de 410 milliards de dollars. EUR.

Dans ce contexte, les gouvernements ne tireraient pas sur ce crédit mais le garderaient en réserve, une manœuvre capable de maintenir les taux d'intérêt liés à leurs prêts publics à des niveaux gérables, car les marchés financiers sauraient que les États pourraient avoir besoin d'un accès grâce à cela à une autre méthode de financement à des prix avantageux.

CONFRONTATION TRADITIONNELLE NORD-SUD

Un ECCL ouvrira également la voie au remboursement illimité d'obligations de la BCE. En effet, la Banque centrale européenne est autorisée à le faire pour tout pays ayant bénéficié d'une telle ligne de crédit depuis 2012, dans le cadre du programme OMT.

Lancé en septembre 2012, ce programme Outright Monetary Transactions (OMT) permet à la BCE d'acheter directement des obligations émises par les États membres de la zone euro.

L'une des difficultés qui attendent les décideurs européens est de fixer les conditions pour rendre cette option possible.

En effet, tout pays qui utilise une ECCL (limite de crédit à conditions renforcées) se trouvera soumis à une analyse de la soutenabilité de sa dette par la Commission européenne.

Des pays comme l'Italie, la Grèce et l'Espagne demandent qu'il n'y ait pas de conditions. À l'inverse, l'Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas et l'Autriche pensent que ce serait inacceptable.

"Je ne me ferais aucune illusion", a déclaré un haut responsable de la zone euro interrogé sur la probabilité d'un accord dès mardi soir. "Les discussions se poursuivent, mais comme d'habitude, les pays du sud et du nord de la zone euro ne sont pas encore en ligne avec la meilleure voie à suivre".

D'autres notent également que l'urgence de la décision s'est apaisée avec la décision de la BCE d'intervenir pour un montant de 750 milliards d'euros d'achats d'obligations et le fait qu'à l'heure actuelle tous les pays de la zone euro parviennent encore à se financer à des taux le marché obligataire. (Jan Strupczewski version française Henri-Pierre André, édité par …)

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