Économie et pandémie: risque d'infection

Au-delà de la crise sanitaire, les conséquences pour les entreprises comme pour les États n'ont pas d'équivalent.

Les deux piliers les plus importants de tout système économique, l'offre (production) et la demande (consommation) sont choqués simultanément. La fermeture de l'appareil industriel chinois a provoqué une perturbation mondiale des achats. Un phénomène unique qui pourrait provoquer des délits plus hostiles aux entreprises françaises ou la faillite générale du secteur de l'aviation voire des complications dans des secteurs clés comme l'énergie ou Internet si la contamination de salariés importants explose et empêche le fonctionnement des entreprises en question.

Lisez aussi: Coronavirus: accord "historique" sur un énorme plan de relance de l'économie américaine

"Il s'agit d'une guerre économique et financière", a prévenu Bruno Le Maire. Si, début mars, le ministre de l'Economie et des Finances a évoqué "quelques dizaines de milliards de milliards d'euros" d'aide, l'unité de compte est désormais numérotée en milliers de milliards de milliards. "Il s'agit du plus grand choc économique, économique et social du 21e siècle, nécessitant des efforts similaires au Plan Marshall et au New Deal réunis", a déclaré le 21 mars Angel Gurria, Secrétaire général de l'OCDE. Décryptage de certains risques spécifiques.

Lisez aussi:Coronavirus: le dangereux sauvetage de l'économie française

Faillite italienne Les trois régions les plus riches et les plus développées d'Italie (sur vingt) sont les plus touchées par l'épidémie. Ils représentent 40,1% du produit intérieur brut. La troisième économie de la zone euro vacille déjà; La dette publique de l'Italie, dans le deuxième ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce – 136,2% du PIB en 2019 – menace toute la zone. Et ses rives restent les plus fragiles du continent. Négligée et instable, l'Italie a durement souffert. Le taux d'intérêt sur sa dette à long terme augmente et s'éloigne du taux d'intérêt sur la dette allemande («spread»). La France est très exposée à près de 300 milliards de dettes transalpines. L'intervention de la BCE le 19 mars (750 milliards d'euros de rachats de dettes) a mis fin à cet incendie. Pour l'instant.

Dette de sociétés non cotées Face au risque de défaillance des PME (de la boulangerie à la station de ski), l'État garantit des prêts bancaires à hauteur de 300 milliards d'euros via Bpifrance. Le président de l'association bancaire française, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, a assuré qu'il y aurait du "crédit" pour toutes les entreprises touchées par le coronavirus. Ces PME fermées de TPE ne peuvent pas séduire les marchés financiers non cotés en bourse. De graves faillites affaibliraient leurs institutions créancières, puis l'ensemble du système bancaire. La situation financière des particuliers Malgré les efforts du gouvernement (indemnisation du chômage partiel, aides diverses, etc.), de nombreux Français ont pu constater que leur crédit bancaire dépassait leur autorisation. En raison de dépenses imprévues – stockage, voyage, regroupement familial – et surtout, baisse soudaine des revenus. «Je suis indépendant, mais je collecte plus de 6 000 euros par mois», explique Arnaud, entrepreneur indépendant en coaching pour les grandes entreprises. Le soutien prévu de 1 500 euros ne m'aide pas. De nombreux travailleurs précaires (agents de l'industrie du divertissement, pigistes, etc.) sont vulnérables. Des difficultés généralisées menaceraient l'ensemble du système bancaire.

Toute reproduction interdite

Économie et pandémie: risque d'infection
4.9 (98%) 32 votes